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02.06.2026

Comment recycler une centrale nucléaire: Sara Kotnik parle de durabilité dans le cadre du démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg

Que deviennent les milliers de tonnes de matériaux générés par le démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg?

Une grande partie est traitée et réutilisée: la centrale nucléaire désaffectée de Mühleberg atteint un taux de recyclage de plus de 90%. Sara Kotnik, spécialiste Élimination et préposée aux marchandises dangereuses pour les transports de matières radioactives, y contribue également.

Sara travaille chez BKW depuis début 2023 et veille à ce que les matériaux provenant de la centrale nucléaire désaffectée soient éliminés, traités et, si possible, réintroduits dans le cycle des matériaux dans les règles de l’art. Dans cette interview, elle parle de son quotidien professionnel et explique comment le démantèlement d’une centrale nucléaire peut être mis en œuvre de manière durable.

Comment recycler une centrale nucléaire: Sara Kotnik parle de durabilité dans le cadre du démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg

Sara, tu travailles chez BKW depuis début 2023. Qu’est-ce qui t’a motivée à participer au démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg?

Je suis tombée par hasard sur cette offre d’emploi, mais elle a immédiatement suscité mon intérêt car elle concernait le démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg. Ce qui m’a particulièrement fascinée, c’est le caractère unique de ce projet – un démantèlement de cette nature n’a encore jamais été réalisé en Suisse. J’ai également trouvé passionnant de voir à quel point la technologie, la sécurité, la protection de l’environnement, l’élimination et la durabilité sont étroitement liées dans ce projet.

As-tu le sentiment, au quotidien, de participer à un chapitre particulier de l’histoire industrielle suisse?

Oui, complètement. Au quotidien, on est très occupé par des tâches concrètes – les flux de matériaux, les documentations ou la coordination. Pourtant, j’ai constamment en tête que nous travaillons ici sur un projet pionnier.

La centrale nucléaire de Mühleberg a produit de l’électricité pendant des décennies, et nous accompagnons désormais le site dans une nouvelle phase. Ce qui me motive particulièrement est que l’expérience que nous acquérons aujourd’hui avec ce démantèlement sera précieuse pour les futurs projets dans ce domaine.

Tu es responsable de tout ce qui sort de la centrale nucléaire de Mühleberg en tant que «déchets ordinaires». En quoi consiste ton travail?

J’ai deux rôles. D’une part, je m’occupe des matériaux tels que le métal, le béton, le plastique ou les machines. Il s’agit de trouver la filière d’élimination ou de recyclage appropriée et de documenter clairement l’ensemble des flux de matériaux. En parallèle, on vérifie si les installations ou les matériaux peuvent être réutilisés directement.

Dans le cadre de ma deuxième fonction, celle de préposée aux marchandises dangereuses, je suis responsable des transports de matières radioactives. Je veille à ce que les déchets radioactifs soient transportés vers le Zwilag dans le respect de la législation.

Quand on parle de centrale nucléaire, beaucoup pensent en premier aux déchets radioactifs. Qu’est-ce qui surprend le plus les gens lorsque tu leur parles de ton travail?

Beaucoup sont étonnés d’apprendre que, lors du démantèlement d’une centrale nucléaire, seule une très petite partie des matériaux est réellement radioactive. Environ 98% des matériaux issus du démantèlement ne sont pas radioactifs – la majeure partie est constituée de béton et d’acier. De nombreux matériaux sont réintroduits dans le cycle des matériaux. De plus, nous veillons à réduire au maximum les distances de transport et à collaborer avec des partenaires régionaux.

À quoi ressemble une journée de travail type pour toi?

Je n’ai pas de journée de travail type, et c’est ce qui rend mon travail passionnant. Je travaille principalement sur le site de Mühleberg et suis en contact permanent avec des services internes ainsi qu’avec des partenaires externes et des entreprises d’élimination. Mes missions vont de la coordination et de la documentation aux attestations d’élimination et aux transports de matières radioactives. Dans tous les projets, il est important que tous les mouvements de matériaux soient soigneusement planifiés et documentés.

La centrale nucléaire de Mühleberg atteint un taux de recyclage supérieur à 90%. Comment parvient-on à un chiffre aussi élevé?

Un taux de recyclage élevé ne s’obtient pas tout seul. Il faut réfléchir dès le début du processus: comment démonter, séparer et stocker les matériaux? Comment éviter qu’ils se mélangent? Quelles sont les exigences des entreprises de recyclage concernant les matériaux?

Il est fascinant de constater que, dans un projet d’une envergure telle que le démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg, les nombreuses petites décisions prises lors de la phase préparatoire jouent un rôle si déterminant dans la suite du projet.

Mieux les flux de matériaux sont préparés, plus ceux-ci pourront être utilisés et valorisés efficacement par la suite.

Que faut-il faire pour que les matériaux de la centrale nucléaire de Mühleberg puissent être réutilisés?

On commence par vérifier d’où proviennent les matériaux et s’ils sont radioactifs. Ils sont ensuite démontés, triés et nettoyés. Vient ensuite la mesure de libération. Ce n’est qu’une fois toutes les exigences remplies et les attestations documentées que les matériaux sont autorisés à quitter la centrale nucléaire. Ces processus peuvent durer plusieurs mois.

Certaines parties de la centrale nucléaire de Mühleberg seront exposées plus tard au musée. Quelles pièces conserverais-tu?

Je trouve la salle de commande particulièrement impressionnante. On y voit clairement comment la centrale nucléaire a été exploitée pendant des décennies. Je conserverais un objet qui illustre le quotidien du travail – par exemple un commutateur de contrôle ou des étiquettes. Pas forcément les objets les plus imposants ou les plus spectaculaires, mais plutôt des objets du quotidien qui montrent comment les gens travaillaient ici.

Pendant ton temps libre, tu aimes aller dans les montagnes. Y a-t-il des similitudes entre l’alpinisme et ton métier?

Oui, il y en a. Que ce soit en matière d’alpinisme ou de démantèlement, il faut une planification minutieuse, une bonne préparation et du respect pour l’environnement. Il faut évaluer les risques, avancer pas à pas et travailler en équipe. À première vue, ces nombreux petits préparatifs peuvent sembler insignifiants, mais ils sont essentiels pour garantir un succès à long terme.

Ton amour de la nature a-t-il influencé ta vision de la durabilité?

Oui, totalement. Quand on passe beaucoup de temps dehors, on vit la nature avec intensité, et on se rend compte à quel point il est important de la traiter avec respect. Pour moi, la durabilité signifie aussi ne laisser aucune trace dans la nature et gérer les ressources de manière responsable.

Comment perçois-tu la nature autour de la centrale nucléaire désaffectée?

La nature autour de la centrale nucléaire est impressionnante – presque magique.

Malgré le caractère industriel du site, on y voit presque tous les jours des animaux comme des chevreuils ou des renards. Il y a également de nombreuses espèces d’oiseaux. Les environs de l’Aar sont magnifiques – en été, on peut s’y baigner.

Quels projets t’attirent particulièrement une fois que le démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg sera terminé?

L’interface entre l’élimination, la sécurité et la réglementation m’intéresse beaucoup. Je pourrais donc tout à fait m’imaginer continuer à participer à des projets impliquant des flux de matériaux complexes, des transports spéciaux ou des questions épineuses en matière d’élimination.

Merci beaucoup pour cette interview!

Ajoutons que la centrale nucléaire de Mühleberg est ouverte au public: les personnes intéressées y découvriront une présentation passionnante du processus de démantèlement:

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