Contrôles au service de la sécurité

Les centrales nucléaires sont en permanence contrôlées par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Les inspecteurs de cette autorité de surveillance fédérale disposent d’un droit d’accès sur tous les sites, à tout moment et sans s’annoncer au préalable. Afin que les valeurs limites prescrites par la loi soient respectées en tout temps, la radioactivité est surveillée en continu aux alentours des centrales nucléaires par trois réseaux indépendants de mesures.

Contrôles permanents par les autorités fédérales

Conformément à la Loi sur l’énergie nucléaire, les exploitants de centrales nucléaires sont responsables de la sécurité des installations. Ils investissent régulièrement dans la sécurité technique de leur site et dans la culture de la sécurité vécue par les collaboratrices et collaborateurs. Outre ces contrôles internes, les centrales nucléaires sont surveillées par l’IFSN, par la section Radioprotection de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et par l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

L’IFSN veille à ce que les dispositions légales soient respectées – lors du fonctionnement d’une centrale nucléaire comme lors du transport de substances radioactives et des préparatifs en vue d’enfouir les déchets radioactifs.

Au service de la sécurité: contrôle des autorités dans une centrale nucléaire. (Photo: AIEA/Dean Calma)

Radiations bien plus faibles que dans la nature

En Suisse, les centrales nucléaires ne rejettent que très peu de substances radioactives dans l‘atmosphère. Les valeurs limites pour ces installations ont été fixées de manière à ce que le niveau de radiations reste inférieur à 0,3 milli-Sievert (mSv) à la dose annuelle moyenne, c'est-à-dire qu’une personne qui vivrait en permanence à un point situé aux environs d’une centrale nucléaire, assurerait son alimentation avec des denrées provenant de ce lieu et boirait exclusivement l’eau de la rivière en aval de la centrale ne devrait pas être exposée à une dose annuelle supérieure à la valeur mentionnée. A titre de comparaison: la dose totale d'irradiation moyenne en Suisse est d'environ 4 mSv par an, dont la majeure partie provient de l’irradiation naturelle (rayonnement cosmique et terrestre) ainsi que des applications médicales.

Cette limite correspond ainsi à moins d’un dixième de la dose de radiation naturelle moyenne en Suisse. Les émissions effectives des centrales nucléaires sont toutefois cinq fois inférieures au seuil maximal fixé par les autorités.

L’IFNS et la section Radioprotection de l’Office fédéral de la santé publique veillent à ce que les quantités de radioactivité diffusées dans l’atmosphère ne dépassent jamais les valeurs limites.

Les émissions radioactives sont toujours nettement inférieures à celles trouvées dans la nature: les installations nucléaires dans partie inférieure de la vallée de l'Aare. (Photo: Zwilag)

Pour de plus amples informations quant aux radiations émises par les centrales nucléaires, veuillez cliquer ici.

Triple surveillance de la radioactivité ambiante

  • Pour la surveillance automatique aux alentours des centrales nucléaires, l'IFSN exploite le réseau de mesure Maduk (l’acronyme allemand de «réseau automatique de surveillance du débit de dose au voisinage des centrales nucléaires»). Les valeurs de mesure des stations sont transmises toutes les dix minutes à l'IFSN qui en vérifie et saisit automatiquement les augmentations par rapport au bruit de fond naturel. Ces valeurs sont accessibles au public et librement consultables sur Internet.
  • Pour la surveillance générale du débit de dose, la Centrale nationale d'alarme (CENAL) dispose de son propre réseau. Les 58 stations du réseau Nadam, (réseau automatique de mesure et d'alarme pour l'irradiation ambiante), sont installées aux mêmes endroits que les stations météorologiques de MétéoSuisse. Ces données peuvent également être consultées via Internet.
  • La Section de surveillance de la radioactivité (SUER) de l'Office fédéral de la santé publique gère le réseau de mesures aériennes Radair qui assure également la surveillance générale de la radioactivité de l'air. Les données sont transmises à la CENAL qui reçoit aussi d'éventuels messages d'alarme.
Surveillance en continu: mesure de la radioactivité à proximité d'une centrale nucléaire. (Photo: ENSI)

Recherche d'éventuels points faibles

Les exploitants des centrales nucléaires ne cessent d'investir dans la sûreté des installations existantes. Pour améliorer encore les processus d'exploitation et les méthodes de travail, les centrales nucléaires se soumettent volontairement aux «Peer Reviews» de l’Association mondiale des exploitants de Centrales, Wano (World Association of Nuclear Operators).

Grâce à ces Peer Reviews, des experts externes venus de l’étranger apprécient les processus propres à une centrale et les évaluent selon la meilleure des normes internationales. Cette appréciation sert à identifier sans ménagement ses propres points faibles et à engager les mesures correctrices qui s’imposent. Comme on le sait, les erreurs – ses propres erreurs et les erreurs des autres – sont sources d'enseignement. Ces échanges d’expériences au niveau international permettent d’exploiter les centrales nucléaires de manière encore plus sûre.

Un regard critique pour plus encore de sécurité: échange d'expériences entre spéciales du monde entier. (Photo: WANO)

Pour de plus amples informations quant aux activités de l’association WANO, veuillez cliquer ici ou consulter le site web officiel de l’organisation (Informations en anglais).

Les centrales nucléaires ne sont pas des bombes atomiques

Les centrales nucléaires ne sont pas des bombes atomiques, ni une forme édulcorée. Toute explosion comme dans une bombe atomique est exclue pour des raisons physiques. Il s’agit de technologies complètement différentes, même si toutes deux se fondent sur le principe de la fission nucléaire.

Le fait est que l’image de l’énergie nucléaire souffre de cette association, qui présente des causes historiques. La fission nucléaire a été découverte à la veille de la seconde guerre mondiale. Le conflit a mené à ce que la bombe atomique ait la priorité et que l’utilisation de l’énergie nucléaire ne soit développées que plus de dix ans plus tard.

Les produits destinés aux bombes atomiques sont en outre inappropriés pour les centrales nucléaires. Les puissances nucléaires ne procèdent à cette fabrication que dans des installes spécialement prévues à cet effet. Dans ce contexte, il est parfaitement insignifiant de se demander si la Suisse doit exploiter des centrales nucléaires ou non. Le fait de renoncer à une utilisation civile de l’énergie nucléaire – en Suisse comme dans d’autres pays – n’aurait aucune influence sur les débouchés militaires.

Contrôles internationaux contre les usages abusifs

La Suisse a signé le Traité international sur la non-prolifération des armes nucléaires datant de 1970, qui – comme son nom l’indique- vise à empêcher la prolifération d’armes atomiques (prolifération nucléaire). A cet effet, l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne a mis au point un système de contrôles pour surveiller si un état subtilise des produits fissiles ou des équipements nucléaires. La Suisse, à l’instar de nombreux autres pays producteurs d’énergie nucléaire, respecte scrupuleusement ledit traité.

En Suisse, l’AIEA mène quatre à dix inspections impromptues par an au sein des centrales nucléaires. De plus, des caméras permettent à l’AIEA de surveiller les parties stratégiques des installations nucléaires. Les images sont instantanément et en continu transmises au siège principal de l'AIEA à Vienne. Ce système garantit qu'aucun produit fissile ne pourra jamais sortir des installations pour fabriquer des armes nucléaires.

          Regard critique en coulisse: l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne. (Photo: AIEA)      
Regard critique en coulisse: l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne. (Photo: AIEA)

La Suisse dresse l'inventaire détaillé de tous les produits fissiles (uranium, plutonium, thorium), afin que la communauté internationale sache à tout moment où se trouvent quel produit. Cette tâche a été confiée à l’Office fédéral de l’énergie OFEN qui contrôle aussi si les exploitants des installations nucléaires observent les prescriptions de l'AIEA très précisément.